Centerbe (Abruzzes – Italie).

Le Centerbe est une eau-de-vie distillée (70% vol) à partir de différentes herbes aromatiques et plantes médicinales alpines poussant dans les montagnes des Abruzzes. Le nom (Amaro Centerbe, Centerbe, Antico Centerbe, Rosolio Centerbe) est utilisé pour désigner différentes liqueurs (avec une recette équivalente ou similaire) de production commerciale et artisanale. Il a été inventé par le pharmacien Beniamino Toro.

Rien ne prouve qu’il y ait effectivement 100 herbes qui entrent dans sa composition comme le prétend le nom de ce breuvage verdâtre. Le dosage des ingrédients restera sans doute à jamais un secret bien gardé des producteurs.

Mais, fidèle à la devise des Abruzzes  » plus c’est piquant, plus c’est bon!  » , le centerbe enflamme le gosier, à croire qu’il est lui aussi épicé au peperoncino.

Andar per ombre (Venise – Italie).

On dit des Vénitiens qu’ils aiment tout autant boire un petit verre de vin rouge que bavarder avec des amis – et ce à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. De là à dire que les habitants de la lagune associent volontiers les deux choses, il n’y a qu’un pas.

Andar per ombre, ce qui revient à dire que l’on va boire un verre, manger une bricole et bavarder un moment, est un rituel vénitien vieux comme le monde dont l’origine est controversée.

D’aucuns racontent que les marchands de vin de passage sur la place Saint-Marc s’abritaient du soleil à l’ombre du Campanile, pour que le vin ne se réchauffe pas trop. Quand on voulait boire quelque chose, il fallait donc aller se mettre all’ombra.

D’autres expliquent que la ombra est une ancienne unité de mesure vénitienne qui correspond à peu près à 100 millilitres. L’Ombretta serait encore plus petite.

Presque tous les vénitiens ont leur propre giro de ombre. A partir de onze heures du matin environ, ils se rendent dans leur osteria habituelle où ils retrouvent les autres habitués. On bavarde, on boit son ombre et on repart.

Tout au long de la journée, ils dégustent ainsi plusieurs ombre, mais étant donné la quantité très réduite et la qualité du vin servi au verre dans les osterias, les conséquences ne sont pas bien graves.

On pourrait comparer le giro de ombre avec le tapeo espagnol qui se pratique en fin de journée dans tous les bars à tapas du pays.

Fernet-Branca.

Fernet-Branca est la dénomination commerciale d’un amer italien (inventée par Bernadino Branca en 1836).

Fernet-Branca – prononcer ce mot fait inévitablement penser à un repas un peu lourd et au soulagement que promet un petit verre de cette liqueur aromatique. Mais ce n’est pas seulement un excellent digestif, c’est aussi un symbole important du ben bere alla milanese (du bien boire à la milanaise).

Ce breuvage à base d’herbes diverses au goût amer (gentiane, rhubarbe, aloès, camomille, rue, angélique, safran) et d’alcool est vieillit un an en foudres (fûts de chêne).

Sur les premières bouteilles de Fernet (XVIIIème siècle) étaient collées des étiquettes qui indiquaient précisément son utilisation et ses vertus :  » Il exerce une action positive sur l’estomac, stimule la digestion, , renforce le corps, vainc le choléra, fait tomber la fièvre et guérit les personnes souffrant de faiblesse nerveuse, manque d’appétit, nausées ou ver solitaire « .

Le Fernet-Branca peut se boire en apéritif, en digestif, voire en cocktail, le prendre à n’importe quel moment de la journée, pur ou mélangé à de l’eau, de l’eau de Seltz, du vin, du café, du vermouth ou autres boissons.

Le Tajut (Frioul-Vénétie-Julienne).

Le Tajut ou cajut, longtemps pratiqué au Frioul, fait partie des plus anciennes habitudes de convivialité liée au vin.

Lorsque deux amis se rencontrent dans la rue, la coutume veut que l’un paie un verre de vin à l’autre, l’ami invité devant ensuite rendre la politesse avec un autre verre.

Pendant que les deux amis sont attablés, il y a de très fortes chances, surtout dans les petits villages friouliens, que d’autres amis viennent à passer par là. Ils sont sommés de prendre place, se voient offrir un verre et doivent à leur tour s’acquitter de leur tournée.

Tout le monde aura compris que le tajut est une coutume qui prend beaucoup de temps et nécessite de plus une bonne  » descente  » – heureusement, le jus de la treille est servi dans de petits verres, de sorte que la réunion amicale ne se termine pas obligatoirement par une gueule de bois.

Eau minérale naturelle de Velleminfroy (Bourgogne – Franche-Comté).

C’est en Bourgogne – Franche-Comté, au cœur de la Haute-Saône, que l’eau de Velleminfroy puise ses qualités et sa saveur.

La source originelle, source Claire fût découverte en 1828, et déclarée  » eau minérale naturelle  » par décret de l’Académie Impériale de Médecine en 1859, durant le règne de l’Empereur Napoléon III.

De nos jours, c’est la source Tom, forée juste à côté, en 1992 qui est exploitée. Une nouvelle unité d’embouteillage est située entre Lure et Vesoul.

L’eau de Velleminfroy est riche en sels minéraux, calcique, magnésienne, elle ne comprend pas de nitrate ni de polluants éternels et convient à un régime pauvre en sodium. Cette eau peut être bue dés 2 ans.

Pour ravir les papilles les plus exigeantes, Velleminfroy se décline également en eau gazeuse grâce à l’adjonction de gaz carbonique. Les bulles en plus, elle possède les mêmes qualités qui font la renommée de la version plate.

Marc.

Le Marc est une eau-de-vie provenant de la distillation du résidu solide des grappes de raisins pressées, lui même appelé  » marc  » : peaux, pépins et rafles sont mis à fermenter, puis distillés dans un alambic à vapeur.

Le teneur en alcool des éléments eux-mêmes est faible, mais leur richesse en huiles essentielles produit des alcools à l’arôme puissant, titrant jusqu’à 70% Vol.

Les régions productrices de vins donnent chacune des marcs de qualité différente. Ainsi, en France, les marcs de Bourgogne, du Bugey, de Champagne, d’Auvergne et de Franche-Comté peuvent rivaliser avec les eaux-de-vie de vin des mêmes régions.

En cuisine, le marc peut remplacer le cognac ou le calvados pour les flambages de viandes ou volailles, il permet de corser les préparations telles que matelote, civet et parfois soupe à l’oignon.

Seule l’eau-de-vie de marc produite en Italie et au Tessin (Suisse) peut porter l’appellation Grappa.

Certains fromages sont affinés au marc, par brossage ou lessivage, donnant une coloration à leur croûte. On retrouve les AOC suivants : Époisses, Langres, Trou du cru, Poiset (affinés au marc Bourgogne), Munster (affiné au Gewurztraminer)…

Madiran.

Le Madiran est un vin rouge AOC du Sud-Ouest, il est vigoureux et bouqueté, avec l’âge il acquiert des qualités qui le font comparer aux bourgognes.

Le Madiran est produit dans les départements du Gers, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques.

Le Madiran se marie parfaitement avec la gastronomie régionale : magrets et confits de canard, viandes en sauce …

Le décret d’appellation consacre le tannat comme cépage principal et les cabernet franc, cabernet sauvignon et fer comme cépages accessoires (le tannat doit représenter 40 à 80% de l’encépagement et 50% du volume de l’assemblage).

Le tannat donne un vin très sombre, très charpenté et acide (il demande du temps pour être apte à être consommé), c’est un vin de garde.

Grand Marnier.

Le Grand Marnier est une liqueur onctueuse et parfumée à base d’orange et de cognac.

C’est un alcoolat obtenu par distillation d’une macération d’écorces d’orange dans de l’alcool, mélangé à du cognac pour obtenir le  » Cordon rouge  » le plus fort, soit à des eaux-de-vie de vin pour donner le  » Cordon jaune « .

L’assemblage vieilli plusieurs mois en fùt de chêne avant d’être filtré et sucré. Le Grand Marnier, créé en 1880 par la famille Marnier-Lapostolle de Neauphle-le-Château, se sert comme liqueur et est fréquemment utilisé en pâtisserie. Il entre aussi dans la composition de nombreux cocktails et flambages.

Schweppe.

Jacob Schweppe (1740-1821) était un industriel allemand installé à Genève comme bijoutier, il se passionna pour les expériences sur l‘aération de l’eau et la fabrication de l’eau minérale artificielle.

Ses recherches aboutirent à la mise au point d’un procédé de fabrication industrielle (1790). En 1792, à Londres, associé à 2 ingénieurs et 1 pharmacien il installa une usine. Il produisit des sodas et des imitations des eaux de Seltz, de Spa et de Pyrmont.

La société actuelle est connue pour son Schweppes Indian Tonic et son Schweppes Ginger Ale mis au point dans les années 1860 par ses successeurs qui rendirent l’eau de Seltz plus populaire en lui ajoutant de la quinine, de l’écorce d’orange amère ou du gingembre. Ces mélanges eurent un grand succès dans les colonies britanniques où régnait la malaria et où l’on prit l’habitude de les additionner de gin et de les consommer comme tonics.