






L’ Émilie-Romagne, avec la Campanie, est le premier producteur italien de noix. Au moment de la récolte, en septembre et octobre, toute la famille participe activement.
Si la noix mûre est un délice, les jeunes fruits verts peuvent se transformer en une merveille fortement alcoolisée, le nocino. Aujourd’hui le nocino est produit dans presque toute l’Italie, et souvent même de manière industrielle. Toutefois, dans la région de Modène, dont la liqueur serait originaire, les paysans continuent à le produire de manière artisanale.

La tradition veut que l’on récolte les noix vertes le jour de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin. Les noix nettoyées et coupées en quartiers sont placées dans une dame-jeanne, recouvertes d’un mélange d’alcool, de sucre, de cannelle et de clous de girofle, puis abandonnées dans un endroit ensoleillé et chaud pendant 40 jours. Avec le temps, les noix s’imprègnent du liquide et lui confèrent sa coloration brune. Pour terminer, on rectifie le goût du nocino avec du sucre et des épices et, s’il semble trop fort, on ajoute un peu d’eau.
Une fois terminé, le nocino est un digestif délicieux et très efficace si l’on en croit ses adeptes. Chaque année, à Modène, une commission des producteurs privés de nocino, fondée par eux à cet effet, se réunit pour élire la meilleure liqueur. L’assemblée est constituée de cuisinières expérimentées qui goûtent tous les produits concurrents afin de sélectionner le nocino de l’année.






Dans le Val d’Aoste, chaque famille possède une grolla dell’amicizia. On sort du placard cette coupe de l’amitié lors des grandes occasions, pour faire honneur à ses amis ou à des membres de la famille.
La coupe ronde aux parois plates, taillée dans du bois de la région, se ferme avec un couvercle étanche. Les parois se prolongent par plusieurs becs verseurs servant à boire.
On s’assoit en cercle et on boit à tour de rôle dans la grolla. La tradition veut que l’on remplisse la coupe de caffè cognese, lequel n’a rien à voir avec le cognac, mais évoque le village valdotain de Cogne. Si le caffè cognese est préparé selon une recette secrète mais différente dans chaque village, il se compose le plus souvent de café, de grappa, de sucre et d’une écorce d’orange ou de citron. Les proportions sont très variables.
Le débat est vif, chez les linguistes, sur les origines du mot grolla. Certains soutiennent que ce terme provient de l’ancien français » grasal » ou » graal » et évoquerait donc le graal, vase dans lequel les chevaliers buvaient en commun. Leurs adversaires prétendent en revanche que grolla a pour racine le gradalis latin, c’est à dire la coupe dans laquelle Jésus-Christ a bu pendant la Cène.
