François et Charlyne BISE – L’Auberge du Père Bise : Talloires – France.

En 1903, François Bise époux de Marie Fontaine, informe le maire de Talloires qu’il a l’intention d’ouvrir un restaurant sur la commune.

François Bise se charge de l’accueil et Marie s’installe en cuisine. A l’époque l’un des fils, Marius n’a que 7 ans, il grandit dans cette ambiance de fêtes et d’agapes, le moment venu il assume la succession paternelle. La légende du Père Bise est en route.

En avril 1920, il épouse Marguerite Sautereau qui à son tour passe en cuisine. En 1928, débutent des travaux d’agrandissement du Chalet batptisé alors « Auberge du Père Bise ». Dès 1933, le Guide Michelin attribue 2 étoiles à l’Auberge. Le duo fonctionne à merveille.

En 1951, le Guide Michelin attribue les 3 étoiles, François le fils a rejoint sa mère en cuisine. François rencontre Charlyne et se marie.

Marguerite décède en 1965 à 67 ans et Marius en 1969 à 75 ans.

Charlyne et François Bise garderont les 3 étoiles jusqu’en 1982. François Bise meurt en 1984 à 56 ans. Charlyne maintient l’Auberge au sommet, en 1985 la troisième étoile revient, Charlyne entre dans le clan des femmes qui ont atteint les sommets (Eugénie Brazier à Lyon et au Col de la Luère, Marie Bourgeois à Priay, Marguerite Bise à Talloires).

Source : Trois étoiles au Michelin de Jean-François Mesplède Editions Gründ.

3 étoiles de :

  • – 1951 à 1982 et de
  • – 1985 à 1987 soit 35 ans au plus haut niveau.

Le Fouquet’s : Paris.

En 1898, Louis Fouquet rachète le Critèrion, il rénove les lieux et inscrit « Fouquet’s American Drinks-Cocktails » sur la façade.

A sa mort en 1905, Léopold Mourier hérite de l’affaire. Il entend en faire un établissement de prestige. Mourier transforme le Fouquet’s, crée un grill-room et un bar américain, il ouvre un restaurant au 1er étage (classé à l’inventaire des Monuments Historiques).

Disciple d’Auguste Escoffier, il organise la cuisine de façon rationnelle : 7 parties dirigées chacune par un chef et le tout dirigé par un « gros bonnet« . Le Fouquet’s devient l’endroit à la mode.

Le Fouquet’s obtient 3 étoiles en 1938, Léopold Mourier décédé en 1923 a laissé la place à Louis Barraya.

Gabriel Gaubert fut le chef du Fouquet’s pendant 35 ans.

Le Fouquet’s a gardé les 3 étoiles pendant 2 ans (1938 et 1939).

Plats du Fouquet’s de la grande époque :

  • – Potage Saint-Germain
  • – Tournedos Rossini
  • – Râble de lièvre flambé
  • – Filets de sole au Champagne…

Restaurant Francotte : Lyon (France).

Chez Francotte, place des Célestins (à côté du théatre) fut tenu jadis par Bouchery.

Lorsque Francotte repris le restaurant il lui a donné son nom. Les chroniqueurs de l’époque le classe parmi les meilleurs chefs (un de ceux dont la lignée va de Vatel à Escoffier).

Dans ce petit restaurant on servait la langouste à la crème, les rougets sauce foie, le poulet maison, les rougets grillés, le jambon de Parme et le râble de lièvre à la crème.

Francotte a détenu 3 étoiles au Guide Michelin une année, en 1936.

La Mère Guy (Philippe et Jean Foillard) : Lyon (France).

En 1759, la Mère Guy a ouvert une guingette sur le quai de Saône (spécialité de la matelote d’anguilles). Ce n’est qu’un siècle plus tard  aux environs de 1860 que ses 2 petites filles La Génie et sa soeur Madame Maréchal dirigent un véritable restaurant. Haute en couleur et la langue bien pendue, La Génie reçoit toute la bonne société.

Les propriétaires se succèdent et le restaurant aussi appelé Le Pavillon Belles Rives est racheté par les frères Foillard. La concécration arrive en 1936 avec les 3 étoiles au Guide Michelin.

Chez La Mère Guy Jean Foillard dirige diriger la salle et Philippe la cuisine. Ils proposent le gratin d’écrevisses, l’anguille Lison, la mousse d’écrevisses Bleuette, la truite au bleu, la langouste Newbourg, les fraises Romanov, les pêches Belles Rives et le soufflé glacé. Sur commande la célèbre matelote d’anguille est préparée.

La Mère Guy gardera ses 3 étoiles au Guide Michelin pendant 4 années de 1936 à 1939.

Plus tard, Roger Roucou reprendra le restaurant est gardera la renommée de la Mère Guy avec 2 étoiles. Il sera de nombreuses années président des Toques Blanches Lyonnaises.

Alexandre BURIN : Pavillon de l’Ermitage à Chavoires (France).

Alexandre Burin s’installe avec son épouse Angèle à Chavoires prés d’Annecy en 1924. Las de ses voyages il veut retrouver sa Savoie natale.

Fils d’une cuisinière travaillant pour les Rothschild à Genève sa voie est tracée. Il travaille pour des maisons bourgeoises en Suisse, à la cour de l’Empereur François-Joseph à Vienne, en Russie pour le Tsar. En 1900, il prépare le repas de mariage de l’Archiduc François-Joseph. De retour en France, il travaille à Paris pour le banquier Morgan et le baron Hottinger.

De passage en Savoie il fait l’acquisition d’une pension de famille à vendre au bord du lac d’Annecy. L’endroit est paradisiaque.

Burin sert alors les plus grandes personalités du moment. L’on vient de loin pour déguster ses spécialités : foie gras à la gelée, gratin de queues d’écrevisses, saucisson de Savoie chaud, filet de sole à la Joinville, poularde de Bresse Ermitage, ombles chevalier du lac, selle d’agneau….

Sa cuisine lui permet d’obtenir 3 étoiles en 1936 et de les garder jusqu’en 1939, soit 4 ans au plus haut niveau.

Alexandre Burin meurt en octobre 1940 à l’âge de 62 ans. Il est enterré au cimetière de Veyrier-du-Lac, petit village voisin de Chavoires.

Alexandre DUMAINE : La Côte d’Or à Saulieu (France).

Alexandre Dumaine est né le 26 août 1895 à Digoin en Saône-et-Loire.

En 1907, à l’âge de 12 ans, Alexandre Dumaine entre en apprentissage à l’Hôtel de la Poste de Paray-le-Monial, ensuite il est commis à l’Hôtel Carlton à Vichy. Vient ensuite Paris, le Café de Paris (avec Léopold Mourier et Tony Giraud) et l’Elysée Palace (avec Marius Dutrex).

En 1922, il part avec son épouse Jeanne pour l’Algérie française dans les restaurants gastronomiques de la Compagnie Générale Transatlantique.

Après 10 ans en Algérie, il vient s’installer à l’Hostellerie La Côte d’Or à Saulieu en Bourgogne.

En 1935, le Guide Michelin lui attribue les 3 étoiles et cela pour 18 ans : de 1935 à 1939 et de 1951 à 1963.

Il fait partie des très grands chefs de sa génération avec Fernand Point (Vienne) et André Pic (Valence).

Alexandre Dumaine se retire en 1964 à l’âge de 69 ans.

Alexandre Dumaine disparait le 2 avril 1974 à Bourg-en-Bresse âgé de 79 ans.

En 1981, Bernard Loiseau reprend La Côte d’Or est obtient les 3 étoiles en 1991, depuis 2004, Patrick Bertron (ancien second du chef de Saulieu) les maintient à Saulieu (Relais Bernard Loiseau).Depuis 2016, deux étoiles pour Le Relais Bernard Loiseau.

Juan Mari et Elena ARZAK : Restaurant Arzak : San Sébastien (Espagne).

Le restaurant (taverne et cave à vins au départ) fut crée en 1897 par les grands-parents de Juan Mari Arzak dans le village d’Alza (faisant partie maintenant de San Sébastien).

Ce sont ses parents, Juan Ramón et Francisca qui ont développé la partie restaurant.

En 1966, après ses études hôtelières et ses premiers stages, Juan Mari Arzak rejoint le restaurant familial.

Il obtient 3 étoiles au Guide Michelin en 1989 (soit 35 ans triplement étoilé).

Depuis quelques années, Elena, la fille de Juan Mari travaille en étroite collaboration avec son père.

Ezio et Maurizio SANTIN – Restaurant Antica Osteria del Ponte à Cassinetta di Lugagnano (Italie).

Cassinetta di Lugagnano est un petit village de chasseurs de la région de Milan en Lombardie (Italie). La famille SANTIN, Ezio et Renata tiennent cette belle Osteriadel Ponte.

Ezio SANTIN, passé chez Roger Vergé et Alain Chapel obtint 1 étoile en 1981 et la deuxième en 1983.

Maurizio SANTIN né le 4 décembre 1966, fils d’Ezio et Renata est lui passé chez Joël Robuchon, Alain Ducasse, Georges Blanc et le Taillevent avant le retour à l’Antica Osteria del Ponte.

En 1990, Le Guide Rouge Michelin couronne le restaurant Lombard avec 3 étoiles. Elles resteront jusqu’en 1996 soit pendant 7 années.

Alain ROUX et Michel ROUX- restaurant Waterside Inn à Bray on Thames (Angleterre).

Michel ROUX est né à Charolles en Saône-et-Loire en 1945, il a pratiquement été élevé dans une cuisine (décès en 2020).

Son cheminement est impressionnant et commence à 14 ans lorsqu’il devient apprenti-pâtissier à la Pâtisserie Loyal à Paris. Après 2 ans à l’Ambassade de Grande Bretagne à Paris, il troque les petits fours pour la tambouille durant son service militaire, et revient à Paris pour entrer chez Cécile de Rothschild en tant que chef de cuisine.

En 1967, avec son frère Albert, il ouvre le Gavroche (3 étoiles Michelin en 1982), dans le chic quartier de Mayfair à Londres, causant une petite révolution culinaire dans les cuisines anglo-saxonnes. Les frères Roux se hissent rapidement au plus haut niveau de la cuisine. « Nous proposions à l’époque, une fine cuisine bourgeoise.

Cinq ans plus tard, en 1972, les deux frères ouvrent leur deuxième établissement: The Waterside Inn, sur les bords de la Tamise à Bray on Thames, à l’ombre d’un grand saule, situé au coeur de l’Angleterre royale, à deux pas du célèbre collège d’Eton, du champ de courses d’Ascot et du Château de Windsor. Albert ROUX conserve le Gavoche (3 étoiles Michelin en 1982) et Michel ROUX prend les rênes du Waterside Inn en 1984).

Michel ROUX, est Meilleur Ouvrier de France – Pâtisserie en 1976.

Le restaurant Waterside Inn obtient 1 étoile en 1974 suivit d’une 2ème étoile en 1977. Le couronnement arrive en 1985 avec les 3 étoiles au Guide Michelin.

Alain ROUX est né le 27 mars 1968 à Londres.

Il est le fils de Michel Roux et le neveu de Albert Roux. Alain Roux a passé huit ans en France ; Pâtisserie Millet à Paris en 1984, Domaine d’Orvault, La Bonne Etape, le Château de Montreuil et La Côte Saint-Jacques à Joigny. Il effectue son service militaire au Palais de l’Elysée.

Alain ROUX rejoint son Père en 1992 à Bray. Il prend la relève de son père  en cuisine en 1992.

Le Waterside Inn détient les 3 étoiles Michelin depuis 31 ans en 2015 d’abord avec Michel et ensuite avec Alain. C’est le plus ancien triplement étoilé hors de France.

Plats :

  • – Soufflé aux saveurs de langoustines et cassolette de verdure
  • – Tronçonnettes de homard poêlées minute au Porto blanc
  • – Filets tendres de lapeareau grillés sur un fondant de céleri-rave, sauce à l’Armagnac et aux marrons glacés
  • – Gigot et carré d’agneau de lait rôtis aux petits primeurs, sauce paloise
  • – Crème brûlée à la pistache, glace vanille…

Heinz WINKLER – Tantris à Munich et – Résidenz Heinz Winkler à Aschau Im Chiemgau (Allemagne).

Heinz WINKLER est né le 19 juillet 1949 à Brixen dans le sud Tyrol en Allemagne. Il est d’origine Italo-allemande.

Après un apprentissage à l’Hôtel Laurin de Bozen il poursuit dans des maisons réputées en Allemagne, Suisse, Italie et France :

  • – De 1973 à 1977, il travaille au Schloss Hotel à Pontresina, au Kulm Hotel à Saint-Moritz et à l’Hotel Bad Schachen, Hôtel Victoria-Jungfrau à Interlaken et au Palace de Lucerne.
  • En 1978 il passe 1 an chez Paul Bocuse.
  • – De 1978 à 1991, il est le chef directeur du Tantris à Munich (restaurant d’Eckart Witzigmann) où il obtient 1 étoile en 1979 et les 3 étoiles Michelin en 1982 à l’âge de 32 ans. Heinz Winkler reste au sommet jusqu’à son départ en 1991, soit pendant 10 ans.

En 1991, il ouvre sa « résidence » La Résidenz Heinz Winkler à Aschau Im Chiemgau entre Salzbourg et Munich en Bavière. Il est de nouveau au sommet des 3 étoiles en 1994 et 1995, puis de 2001 à 2008 soit encore pendant 10 ans.

Heinz WINKLER aura donc totalisé 20 ans de 3 étoiles en Allemagne.

Il pratique sa « Cuisine vitale » contemporaine et sans fioritures, une cuisine classique qui vise à mettre en scène les meilleurs produits tout en les laissant autant que possible à l’état naturel.

Plats : Filet d’esturgeon légèrement fumé, wasabi, cresson shiso – Coquille Saint-Jacques en manteau de lard, quinoa et jus de truffes – Omble chevalier aux girolles – Canard rôti à la moutarde – Pigeon au foie gras d’oie mariné….